(Re)Make my day, Punk ! (4)

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IV – Reboot et licences

Bon, on en a vu pas mal déjà. Mais que se passe-t-il quand on met tout ça bout à bout ? Si on essaye un crossover (c’est bien la mode), si on essaye de faire une suite qui soit également une ré-adaptation et un remake ?

Ça fait un Reboot (tin tin tin) !

Un reboot, c’est une suite du point de vue de la série (un Batman de plus…), mais, qui du point de vue scénaristique est un nouveau 1 (qui va donc ignorer les précédents et établir sa propre version de l’histoire) ; ce 1 n’est pas nécessairement un remake du premier 1 (mais peut l’être), et souvent, c’est une ré-adaptation (comme nous allons le voir plus loin).

Pour parler du reboot, il faut parler de la licence, les deux étant étroitement liés. Une Licence, c’est un ensemble de propriétés intellectuelles, qui appartiennent à la même personne morale (généralement une société de production), et dont on essaye de tirer le plus de fric possible. Vous avez remarqué que dès qu’un Star Wars sort, il y a du Star Wars partout, jusque dans les pubs de bagnole ou dans les paquets de Vache qui rit ? c’est l’effet licence. Vous avez remarqué que, dans chaque film Marvel, il y a au moins trois scènes incompréhensibles si on n’a pas vu tout le reste ? l’effet licence. Vous avez déjà été témoins de ces discussions stériles sur le canon de Star Trek et si c’est Picard ou Janeway le meilleur capitaine ? l’effet licence.

La licence, d’un point de vue commercial, c’est une façon de bouffer à tous les râteliers : si votre licence est connue planétairement (disons au hasard, Star Wars, ou la Reine des neiges), vous allez pouvoir l’exploiter de toutes les façons possibles et imaginables : poster, dvd, séries dérivées, figurines, mais aussi matériel scolaire, vêtements, sous-vêtements et accessoires, jeux vidéos, de société, ou de rôle, romans, bédés, bref, tout ce qui vous passe par la tête.

Le point de départ d’une licence peut être n’importe quoi, un film (Star wars), un livre (le Seigneur des anneaux, ou Moomins), une bédé (n’importe quel film Marvel), un jeu video (soyons français, Dofus, mais aussi Tomb raider) ou même un jouet (Musclor) ou un design (Hello Kitty, Betty Boop). Les licences se taillent la part belle du marché (de tous les marchés), et chacun espère voir un jour son petit film, son petit personnage, engendrer une fructueuse licence.

Le problème, avec les licences, quand elles commencent à durer un peu, c’est qu’il devient difficile de prendre le train en marche. Voir les séries Star Wars sans connaître les films, ça relève de la traduction de manuscrits médiévaux (pourquoi la musique s’énerve, c’est qui ce barbu ?), et Avengers 4 sans les 393 films précédents a à peu près autant de charme et de sens qu’un dessin d’enfant (genre 4 ou 5 ans). Et imaginez ceux qui doivent travailler dessus, la gueule de la Bible ! En plus, une licence, si elle ne veut pas s’éteindre, doit coller à l’air du temps et rester à la mode, ce qui peut poser des soucis avec les très anciennes (voyez les actuelles convulsions de star trek et de Star wars). Et me lancez pas sur le public qui s’imagine avoir des droits sur le truc du fait qu’il a tout vu, je deviendrais meuchant.

Du coup, des fois, le plus simple, c’est de tout effacer, et de repartir à zéro. D’où le reboot. On différencie le soft reboot (univers parallèle, voyage dans le temps, tout est pareil mais différent) et le hard reboot (Nolan arrive, et fait ce qu’il veut). Cette méthode présente le double avantage de faire un « nouveau point de départ » pour attirer un nouveau public, et de pouvoir refaire la même chose sans que personne ne s’en plaigne (enfin jusqu’à un certain point) au goût du jour, sans contorsionner les précédents.

On note diverses utilisations de la chose : Godzilla, par exemple sautille joyeusement entre les deux, reprend les anciennes séries le temps d’un épisode, fait des one-shots sans se soucier du reste ; à l’inverse, Evangelion n’a, contrairement à ce que croient certains, connu aucun reboot, seulement des suites (même s’il y a un genre de soft reboot au milieu) ; Spider-man, après deux hard reboots (Sam Raimi, puis Mark Webb, puis John Watt) nous explique dans le dernier que en fait, c’est des univers parallèles ; Et puis il y a Batman : Deux de Burton, puis [suite] deux de Schumacher, [hard reboot] trois de Nolan, [Hard reboot] deux de Snyder, mais en même temps [hard reboot] un de Matt Reeves, avec une suite prévue, et [hard reboot] un nouveau DCU, où il y aura surement encore un autre Batman, et on va pas se lancer dans les séries (spoiler : chacune est son propre hard reboot).

Rien de nouveau sous le soleil, ça fait 70 ans que les comics américains pratiquent la chose. Et Star Wars le fait depuis très longtemps aussi (suffit d’avoir lu quelques romans pour s’en rendre compte, la plupart ne collent pas du tout entre eux). La principale différence, c’est la densité : Une fois, en genre 2014, j’ai lu tout Spider-man (de 63 à 2014, donc ; ouais, je fais des trucs cons des fois) ; j’ai compté 4 soft reboot (en 51 ans, donc) espacés de plusieurs centaines de numéros les uns des autres. La série de films Batman en est à son quatrième reboot en 18 ans, espacés de genre 3 films chacun. Même si le dernier (The Batman de Matt Reeves) est mon deuxième préféré (après le Défi, le deuxième Burton), ça lasse.

Et là, il me faut une conclusion rigolote. Et je sèche. Qu’à cela ne tienne…

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