Les Patates de Landi
Je ne sais pas si vous savez, mais dans le Vieux Lyon, il n’y a pas de mercredi sans défi-patate.
Le principe est simple : des enfants se pointent avec une patate, et vous proposent, plus ou moins poliment, de la leur échanger contre autre chose. Puis ils vont échanger cette autre chose chez un autre commerçant. Du moins, c’est le projet.
Aujourd’hui, deux jeunes filles sont entrées dans la boutique avec un petit truc jaune - un genre de porte clef- à échanger. Je leur ai proposé une affiche de la « pile du couloir », tas informe de grands formats infâmes, inconnus, et beaucoup d’exemplaire, dont nous nous servons pour bourrer les colis. Je pioche au hasard, et je tombe sur « ma blonde entends-tu dans la ville… » ; je les préviens, « elle est grande, vieille, et moche ! » ; elles doutent, veulent voir ; je leur montre.
Croyez-moi si vous voulez, elles se sont littéralement enfuies, sans un au revoir, sans un merci ! j’ai entendu leur moniteur se marrer dans la rue, puis il a débarqué avec deux petites qui avaient toujours leurs patates, et qui ont gracieusement pris l’affiche moche.
Je pourrais faire le vieux con et dire un truc du style « De mon temps, quand on faisait la manche, on prenait ce qu’on nous donnait » (d’ailleurs je l’ai dit. Je suis un vieux con, j’ai le droit). Mais à la place, j’en tirerais la morale suivante : Des fois, Landi, et ben ses affiches, elles sont moches.
Je ne sais pas si vous êtes allés, par curiosité, voir cette horreur. Et croyez-moi, la photo ne lui rend pas justice. Elle est encore plus atroce en vrai, c’est presque douloureux ! Il est difficile de croire que nous la devons au même affichiste que Duel, Jamais plus Jamais, ou Hurlements.
Comme quoi, tout le monde a ses jours.