L'Enfer, c'est les autres… films de la série (partie 3)
Une série malmenée : Hellraiser
Autre genre de série, car bien que le « meuchant » soit toujours Pinhead (le mec avec des clous dans la tête) et sa bande de démons sado-maso, les cénobites, il n’est là, la plupart du temps que pour un bref cameo (du 5 au 9, et je n’ai que très peu de souvenirs du 10) ; ici, on ne s’attache ni aux héros ni vraiment aux vilains, mais bien à une mythologie (qu’on maltraite pas mal souvent, d’ailleurs). Ensemble de chroniques de qualité variable, on compte 11 films (et plus de fan work et de projets avortés que n’importe quelle autre licence d’horreur).
Hellraiser : le pacte (1987) et Hellraiser 2 : les écorchés (1988) : Le drame de la famille Cotton ; Frank s’évade des enfers avec l’aide de la femme de son frère, Julia. Sa nièce devra l’en empêcher, puis se risquer dans l’enfer même pour sauver l’âme de son père. Petit festival de gritty gore 90’s, ce premier dyptique (adapté du roman de Clive barker, scénariste des deux et réalisateur du premier) plante un décor vaste et seulement effleuré, avec la finesse habituelle de Barker (vous l’aurez compris, j’aime Clive Barker).
Hellraiser 3 (Hell on earth, 1992) et Hellraiser 4 (Bloodline, 1996): On continue la formule, Pinehead, vaincu dans le 2, revient et se refait une équipe avec les moyens du bord, puis est désinvoqué, et la boite (l’objet magique qui invoque les démons) se retrouve coulée dans la dalle d’un immeuble en construction… Le 4 propose une version de l’histoire de la boite et de son créateur, et de la lutte de sa lignée pour y trouver une riposte ; se voulant une fin à la série, Hellraiser 4 pousse jusque dans la science fiction (hey, on est milieu 90’s, c’était obligé à l’époque !) et sera désavoué par son réalisateur (à qui on a fait enlever trop de gore). Le film reste quand même un de mes préférés, et se paye le luxe d’un « happy end », relatif, mais tout de même.
Hellraiser Inferno (2000) et Hellraiser Hellseeker (2002): On passe au direct-to-video, tout petit budget, Pinhead devient anecdotique, mais est toujours campé par Doug Bradley. Si le 6 reprend des éléments des premiers (ce qui en fait une sorte de 3bis, genre), le 5 est une historiette complètement indépendante. Barker, qui à ce stade n’est plus impliqué du tout dans la production, a si je me souviens bien, aimé le 6, mais pas le 5.
Hellraiser Deader (2005) et Hellraiser Dead world (2005): Ces deux là sont clairement des scripts indépendants sur lesquels on a plaqué (sans grand talent) la mythologie pour les vendre un peu mieux ; le 7 est une espèce de polar crépusculaire, avec une journaliste au décolleté profond qui enquête sur une secte chelou, et le 8 est un slasher. Cette fois, il n’y a pas de budget du tout, Doug Bradley fait le strict minimum (le double menton fait bizarre sur un démon intemporel). Ça sent le sapin.
Donc, la série est morte, mais les détenteurs des droits veulent encore casher ; plusieurs projets sont lancés puis abandonnés pour diverses raisons au nombre desquels Hellraiser origins (il y a même une bande annonce, allez la voir, c’est joli) et Helloween (crossover entre Halloween et Hellraiser, donc) ; tout cela n’aboutira qu’à entériner la brouille entre les producteurs et l’équipe Barker-Bradley, et aux deux … films suivants.
Hellraiser revelation (2011) et Hellraiser judgment (2018) : Toujours direct-to-video, toujours bricolé pour placer la mythologie, SANS DOUG BRADLEY ! D’un des deux, je ne sais plus lequel, Barker dira, à propos de la mention « sorti de l’esprit de Clive Barker » sur l’affiche : On vous ment, cette chose ne sortirait même pas de mon cul ! Je ne m’étendrais pas.
Et puis plus rien. Et puis la démultiplication des services de streaming et la chasse aux licences. Donc :
Hellraiser (2022) : Production Hulu, ce film n’est, contrairement à ce qu’on peut lire un peu partout sur le net, ni un remake (l’histoire n’est absolument pas celle du 1), ni un reboot (ne reprend pas la mythologie pour la modifier, n’annule pas les précédents), ni une réadaptation (n’a rien à voir avec les bouquins). On a donc bien affaire à un Hellraiser 11, selon la formule habituelle : on ne suit ni les personnages, ni les méchants, mais bien une mythologie. Clive Barker produit, Doug Bradley valide sa remplaçante Jamie Clayton, la seule rupture avec l’état actuel de la série, c’est… Que c’est un bon film, et, à mon humble avis, un bon Hellraiser, ce qui n’était pas arrivé (enfin pas vraiment, Deader n’a pas que des défauts) depuis 2002 !
Bon, après, il y a des comics, les romans de Barker, bien sûr (The hellbound heart et the scarlet gospels), et puis le Maitre des illusions (1995), Cabal (1990), et Rawhead Rex (1986), les romans, nouvelles et comics correspondants, tout ça se passant plus ou moins dans le même univers.